Le 25 juillet dernier, Felipe Massa était éloigné des circuits pour le reste de la saison après un terrible accident à Budapest. Aujourd’hui, Hockenheimring semblait bien décidé à lui offrir la plus belle des revanches mais Juda avait rendez-vous à la table des Diables Rouges. Les vingt cinq points lui échapperont mais ce n’est que partie remise, n’est-ce pas ?

A l’extinction des feux, Sebastian Vettel se décale à droite pour contrôler le bouillant Fernando Alonso. Felipe Massa profite de l’erreur de l’allemand pour effacer les deux monoplaces. A la sortie du premier virage, le petit pauliste est en tête de la course devant son coéquipier et l’étoile de Heppenheim. Son premier succès de la saison lui sourit au loin mais au quarante-neuvième tour, la frustration et l’écoeurement détrônent tout autre sentiment dans le baquet du brésilien. Passablement énervé de subir la domination de son supposé fidèle lieutenant, Fernando Alonso le fait savoir à sa Cour qui finit par céder. A la radio, une voix plutôt gênée demande au leader de s’incliner face au Matador d’Oviedo prétextant que ce dernier est nettement plus rapide que lui. Le brésilien exécute l’ordre donné par les siens. Le Roi obtient satisfaction et reçoit le drapeau à damier en vainqueur. De bonne foi ou presque, le double champion du monde espagnol interroge son équipe quant à ce fameux tour où il a pris le pouvoir. Felipe aurait-il eu un problème en voulant passer la septième vitesse ? Bien-sûr, voici donc l’explication pour justifier ce manque de fair-play… Ceux qui ont osé critiquer la gouvernance de Christian Horner avec ses pilotes se retrouvent dans la même impasse mais avec des arguments tous assez discutables. La vérité est qu’ils redoutaient le courroux de Fernando Alonso et préfèrent la moue du très docile Felipe Massa. Red Bull avait le mérite, au moins, de ne penser qu’au championnat. Quelle tristesse devant autant d’hypocrisie ! Cela dessert le pilote ibère dont le talent aurait permis d’avoir l’avantage sans exiger l’intervention d’une consigne d’équipe. C’est décevant au regard de la beauté de la course effectuée par les deux hommes !

Fernando Alonso remporte le grand prix. Le podium accueille également Felipe Massa et Sebastian Vettel. McLaren a été invisible ce week-end. Lewis Hamilton est quatrième. Jenson Button se classe cinquième avec huit tours en tête (du 15ème tour jusqu’au 23ème). Mark Webber, malheureux au départ, devra se contenter de la sixième place. Robert Kubiça, septième, tient la réplique face aux Mercedes (avantage pour Nico Rosberg). Vitaly Petrov s’empare du point de l’honneur. Kamui Kobayashi échoue aux portes du Graal. Rubens Barrichello est seulement douzième. Williams a souffert en course. Nico Hülkenberg, treizième, a signé une très belle prestation à domicile. Le jeune pilote d’Emmerich a su gérer ses pneus super-soft durant plus de trente tours. C’est un réel exploit ! Pedro de la Rosa occupe le quatorzième rang après avoir confondu F1 et bowling (59ème tour). Heikki Kovalainen est une nouvelle fois la victime de pilotes hésitants. Jaime Alguersuari échoue en quinzième position. Le pilote Toro Rosso a été embarqué dans l’accrochage du départ impliquant les Force India et Sébastien Buemi. Le suisse a été contraint de renoncer avec un aileron arrière arraché. Tonio Luizzi et Adrian Sutil ont fait une simulation d’essais privés cet après-midi. Vivement le Hungaroring le week-end prochain ! Timo Glock et Bruno Senna ferment la marche.

Cinq abandons sont à noter : Heikki Kovalainen (59ème tour : accrochage avec de la Rosa), Lucas di Grassi (50ème tour), Sakon Yamamoto (19ème tour), Jarno Trulli (3ème tour : problème de fiabilité) et Sébastien Buemi (accrochage au départ).

Au championnat… Le leadership reste en possession britannique. Lewis Hamilton compte 157 points. Le top 3 est complété par Jenson Button (143) et les frères d’armes de Milton Keynes avec un avantage pour Mark Webber au nombre de victoires (136). Fernando Alonso est quatrième (123). Du côté des constructeurs, McLaren est en tête avec 300 points. Le team de Woking est suivi par Red Bull (272) et Ferrari (208).

Red Bull et Ferrari sont sous la menace d’une pénalité car leur aileron avant possède des composants jugés trop flexibles. A suivre…

Ce fut un grand prix distrayant qui restera marqué par la déception de Felipe Massa. Sebastian Vettel, sous pression, a été imprécis au départ et paie son erreur. Fernando Alonso devra signer un week-end parfait à Budapest dans une semaine pour se faire pardonner son mauvais caractère.