Depuis cinq ans maintenant, Interlagos voit l’avènement d’un nouveau roi en F1. Après Fernando Alonso (2005 et 2006), Kimi Räikkönen (2007), Lewis Hamilton (2008), c’est au tour de Jenson Button de rejoindre le cercle privé des champions du monde. Ferrari cède sa couronne à Brawn GP. La Grande-Bretagne exulte et le Brésil salue son triomphe. Comme le 2 novembre dernier, ce soir encore, « God save the Queen » retentira au rythme de la samba dans les clubs de São Paulo !

Accessoirement, rappelons la victoire de Mark Webber qui semblait invincible cet après-midi. L’australien devance un heureux Robert Kubiça et un opportuniste Lewis Hamilton. Quinzième sur la grille, Sebastian Vettel remonte en quatrième position malgré une mauvaise stratégie. Red Bull comptait sur l’arrivée de la pluie en fin de course mais cette dernière a boudé le rendez-vous. Leur pari est quant à lui tombé à l'eau. Celui qui était surnommé « l’épicier » se classe cinquième mais quelle importance, le titre est là. Kimi Räikkönen termine au sixième rang après s’être quelque peu enflammé au départ. Sébastien Buemi est un brillant septième. Rubens Barrichello, malchanceux, doit se satisfaire du point de la huitième place. Heikki Kovalainen est neuvième. Kamui Kobayashi, dixième, signe des débuts prometteurs avec un festival de dépassements. Il a su contenir les ardeurs de Jenson Button jusqu'à l'intervention de « Charlie ». Mais où étaient nos trois Drôles de Dames ? Giancarlo Fisichella, onzième, est suivi de Tonio Liuzzi, Romain Grosjean et Jaime Alguersuari. Six abandons sont à noter : Kazuki Nakajima (accrochage au 30ème tour), Nico Rosberg (problème de boîte de vitesses au 27ème tour), Nick Heidfeld (panne d'essence au 22ème tour), Fernando Alonso (accrochage au départ), Jarno Trulli (accrochage au départ) et Adrian Sutil (accrochage au départ).

Dépassements, cafouillages et malédiction… Les feux rouges s’éteignent, les fauves bondissent. Affamé, Kimi Räikkönen déborde les deux pilotes qui le séparent du top 3. En lutte avec Mark Webber pour la seconde place, il se veut trop gourmand et casse son aileron avant. Adrian Sutil bloque ses roues pour éviter l’accrochage et Jarno Trulli, surpris, le harponne. Fernando Alonso est pris au piège et doit renoncer. L'italien devra verser 10.000$ d'amende à la FIA. Heikki Kovalainen endommage le nez de sa MP4-24 suite à un différend avec Giancarlo Fisichella. Les compères finlandais se retrouvent dans les stands pour un passage aussi remarqué que cuisant. Le pilote McLaren repart trop tôt et arrache le tuyau d’essence. « Iceman » qui le succède traverse les flammes. Petite frayeur sans gravité, heureusement !

Si le Nord bouillonne, le Japon n’a rien à lui envier ! Kazuki Nakajima et Kamui Kobayashi assurent le spectacle. Le premier round se veut à la faveur du clan Williams (24ème tour). Le second revient à Toyota tout comme le troisième (25ème tour et 30ème tour). Le remplaçant de Timo Glock ne plaisante pas et éblouit le paddock. Sa dernière proie sera « Fisico » qu’il avale à quatre tours de l’agitation du drapeau à damier. Superbe tout simplement !

« Nul n’est prophète en son pays ! » Rubens Barrichello ne peut contredire le dicton. Le brésilien est victime d’une crevaison lente à l’avant gauche après une légère friction avec Lewis Hamilton (63ème tour).

Ce fut un très joli grand prix avec des rebondissements et beaucoup d’émotion ! Nous sommes déçus pour Rubens Barrichello qui, au vu de sa seconde moitié de saison, méritait également le titre. L’image du jour reste le visage empli de fierté de John Button. Son fils tient sa revanche pour toutes ces années passées dans l’oubli, bravo à lui ! Le « F1-circus » s’arrêtera à Abu-Dhabi dans quinze jours pour le feu d’artifice final.