Tout débute en ce jeudi 28 juin 2007, il est 15h30 et l’excitation se fait déjà ressentir à l’ouverture de la « pit-lane » pour la visite des stands. Une découverte intéressante et appréciée de tous les curieux pour la proximité avec les monoplaces. Tandis que les mécaniciens et ingénieurs achèvent les derniers préparatifs en vue des essais du vendredi, petits et grands observent avec admiration le travail minutieux de ces magiciens de l’ombre. Mais, tous attendent avec impatience et nervosité l’apparition de leurs héros. Les plus chanceux repartiront avec l’image du champion national, Frank Montagny, se prêtant avec sympathie à un séance d’autographe.

D’autres auront pu apercevoir brièvement le benjamin du plateau, Nico Rosberg, de retour d’un tour d’inspection de la piste ainsi que le leader du championnat du monde, Lewis Hamilton. Nous noterons le charisme des pilotes Honda prenant la pose pour les photographes amateurs et professionnels confondus. Près du stand Renault, la télévision Française se fait très présente comme notamment TF1 et Céline Géraud. Il est impossible de ne pas citer l’incontournable maître du journalisme par excellence, Jean-Louis Moncet déambulant en compagnie de son caméraman pour déceler l’invisible nouveauté aérodynamique que lui seul pourra ensuite expliquer avec autant de simplicité.

Des passionnés de tout horizon se sont donnés rendez-vous ce week-end dans le cadre bucolique de ce village de Saint-Parize-le-Châtel. Anglais, Allemands, Autrichiens, Suisses, Hollandais, Belges, Espagnols, Italiens, Scandinaves, Polonais, Tchèques, Hongrois et bien-sûr Français, tous ont fait le déplacement pour saluer la dernière édition du grand prix de France à Magny-Cours. Pourtant sa suppression n’est pas officiellement confirmée même si tout porte à croire que c’est la fin en vue des exigences prononcées par le diabolique Bernie Ecclestone pour le maintien de l’étape. Oublions cette page économique pour nous concentrer sur les festivités.

Journée rouge... Les quatre-vingt-dix minutes mises à disposition des pilotes pour les deux séances d’essais libres du vendredi furent intégralement dominées par la Scuderia Ferrari. Les nombreux Tifosis présents sur le circuit ne purent que s’en réjouir tandis que les autres appréciaient tout simplement le spectacle offert sur les terres bourguignonnes. Ce matin, c’est un ciel ensoleillé puis nuageux qui accompagna la Formule 1 pour la première session. Les températures étaient plutôt fraîches pour la saison mais qu’importe le Rouge sera à l’honneur grâce à Kimi Raïkkönen. Le plus célèbre « homme de glace » signe le meilleur temps en 1’15’’382. Il est suivi de quelques millièmes par son coéquipier. Fernando Alonso est troisième et devance un époustouflant Nico Rosberg. Derrière, nous retrouvons le doyen David Coulthard, Lewis Hamilton malchanceux sur ce tracé, un Alexander Wurz, intercalé entre les deux BMW et Jarno Trulli termine ce top . Le circuit de Nevers Magny-Cours ne semble pas sourire au Britannique de McLaren-Mercedes. L’an passé, les deux courses de GP2 Series s’étaient révélées catastrophiques pour lui. Ce matin ne dérogera point à la tradition… Après seulement trente minutes, son moteur se coupe soudainement et il doit par conséquent interrompre sur le bord de la piste. Nous apprendrons par la suite qu’il fut victime d’un problème électronique paralysant ainsi son V8 Mercedes. Les essais libres ne seraient pas aussi attrayants sans les extravagances de nos chers pilotes. Giancarlo Fisichella, Takuma Sato, Alexander Wurz, l’incontournable et divertissant Christijan Albers et enfin Adrian Sutil se sont livrés à un festival de maladresses sans conséquences mais remarquables toutefois !... C’est un ciel couvert et accompagné d’un vent notable et particulièrement froid qui attendra les pilotes cet après-midi. Ferrari reste imperturbable devant ces conditions climatiques automnales en occupant une nouvelle fois le haut du classement. Felipe Massa déloge son coéquipier de sa place avec un chronomètre affichant les 1’15’’453. Scott Speed prouve que ses qualités sont en accord avec son patronyme en traduction française avec une très belle troisième position. Lewis Hamilton est quatrième, Vittantonio Liuzzi se hisse parmi les cinq premiers. La suite est assez habituelle à l’exception de la huitième position du double champion du monde. Robert Kubiça, Nico Rosberg, Jarno Trulli et David Coulthard réalisent une prestation plus qu’honorable en complétant la liste du top 10. Nous noterons que les plus expérimentés n’échapperont pas à une excursion dans le bac à gravier à hauteur de la chicane d’Imola à l’image d’un Kimi Raïkkönen ou d’un Fernando Alonso. Giancarlo Fisichella, Vittantonio Liuzzi, Takuma Sato et Adrian Sutil ne bouderont pas les fantaisies mais la plus invraisemblable semble s’être produite à l’ouverture de la séance dans les stands. Le team Super Aguri a laissé sortir Anthony Davidson de son box alors que la Toro Rosso numéro dix-neuf déboulait à ce moment même. Un résultat ridicule pour l’écurie nippone qui se retrouve avec un aileron avant très endommagé. Mark Webber écourtera sa séance à la suite d’un problème similaire à celui connu par Lewis Hamilton dans la matinée.

Renault est très loin à l’issue de cette première journée, la déception est de rigueur. La perte d’un circuit est amplement suffisante sans devoir admettre en plus la transparence de notre représentant national !... Espérons que demain sera de meilleur augure pour les pilotes de la marque au losange !...

Rappel : Qui aura un nouveau bloc moteur ce week-end ? La réponse est la suivante, nous compterons huit pilotes à savoir Heikki Kovalainen, les deux Honda. David Coulthard, les deux Super Aguri ainsi que Nico Rosberg et Vittantonio Liuzzi.

Lewis Hamilton pour le fun... Nous sommes le samedi 30 juin, Ralf Schumacher fêtera son trente-deuxième anniversaire sous le soleil nivernais. La dernière séance d’essais libres débutera à 11h pour une durée d’une heure. Ferrari laisse les commandes à la « Flèche d’argent » de Lewis Hamilton mais que les supporters du cheval cabré se rassurent, Felipe Massa et Kimi Raïkkönen le surveillent du deuxième et troisième rang. L’Anglais a toutefois signé le meilleur temps du week-end en 1’14’’843. Le conquistador d’Oviedo a, quant à lui, été pénalisé par un problème de boîte à vitesse. Il n’a que peu roulé et doit se contenter du huitième chronomètre. Les essais qualificatifs s’annoncent pour le moins complexe voire inquiétant pour l’Espagnol. Heikki Kovalainen et Giancarlo Fisichella semblent enfin être sortis de l’hibernation dans laquelle ils s’étaient plongés au cours de la journée de vendredi. Ils occupent respectivement les quatrième et cinquième position devant Robert Kubiça, Nico Rosberg, Jarno Trulli et David Coulthard. Cependant, quelques rebondissements sont à noter. La première agitation survient à la vingt-cinquième minute avec une brève interruption de la séance. Une bande d’herbe synthétique s’est arrachée au niveau de la chicane du Lycée après le passage mouvementé d’Anthony Davidson. La seconde perturbation implique le Finlandais de la Scuderia Ferrari et la Williams d’Alexander Wurz. Kimi Raïkkönen s’apprêtait à rejoindre son stand lorsque l’Autrichien lui força la passage. Le drame fut éviter de peu mais nous restons perplexe quant à l’utilité de cette action improbable. Cet excès d’agressivité incompréhensible ne ressemble pas au caractère fair-play du pilote de Grove mais peut-être est-il victime parfois de tocs incontrôlables !...

Quatrième pôle de la saison pour Felipe Massa Les trois sessions qualificatifs se déroulèrent sous un ciel ensoleillé et pas moins de 25°C dans l’air. Au sein des enceintes entourant le circuit, la tension était équivalente à la température ambiante sur le tarmac oscillant entre 24°C et 45°C. Des conditions d’adhérence qui paraissent idéales pour les Belles de Maranello, principales prétendantes à la pôle position au regard de l’ensemble des essais libres. Une simple formalité dont Felipe Massa s’est employé à réaliser. Le temps de référence imposé par le Pauliste est de 1’15’’034, ce qui lui permet d’accrocher sa quatrième pôle de la saison. Lewis Hamilton devra s’incliner devant l’inaccessible Brésilien. Il devance néanmoins la seconde Ferrari. Robert Kubiça démontre de sa grande forme par un superbe quatrième temps. Renault occupera la troisième ligne de la grille de départ demain. Nick Heidfeld se classe seulement septième certainement handicapé par de violentes douleurs dans le dos. Nous retrouvons à ses côtés la Toyota de Jarno Trulli. Nico Rosberg et Fernando Alonso seront en cinquième ligne mais nous devons signaler que le double champion du monde a connu une situation similaire à ce matin qui l’empêcha de participer à la « Super pôle ». Les six éliminés de la « Q2 » sont composés de Ralf Schumacher, les deux pilotes Honda, Mark Webber, Scott Speed et David Coulthard. Les Red Bull montrent quelques signes de fragilité de mauvais présage pour la course. A l’issue des quinze premières minutes de la séance, nous retrouvons sans surprise un Alexander Wurz qui s’invite à la joyeuse tribu des inconditionnels du fond de classement. Sa fougue matinale aurait été préférable dans cette session plus importante mais sa maturité semble jouer en sa défaveur. Il est accompagné de Vittantonio Liuzzi, des deux Super Aguri et des Spyker. Adrian Sutil a immobilisé sa monoplace sur le bord de la piste en fin de « Q1 » à la suite d’un problème mécanique. Notons également qu’en dépit de son dix-neuvième temps, Takuma Sato partira dernier en respect avec sa pénalité injustifiée d’Indianapolis.

Le départ sera mouvementé avec le prodige de Woking en embuscade antre les deux Ferrari. La France suivra la progression de Renault vers le podium. Mais l’espoir reste en faveur des 70 tours de bonheur absolu en raison de l’adieu bourguignon. Le public sera au rendez-vous, c’est une certitude ! 72 000 spectateurs rendront hommage à seize années de passion et au sacre de Michaël Schumacher en 2002 le plaçant comme l’égal du mythe Argentin Juan-Manuel Fangio. L’histoire fera du Kaïser Rhénan une légende planétaire avec un total de sept titres mondiaux à son actif. McLaren-Mercedes vise la victoire pour conjurer le mauvais sort qui semble s’abattre sur le team depuis six ans. Mais la dixième position de Fernando Alonso risque de compromettre sérieusement ses chances d’inverser la tendance. Lewis Hamilton est un chasseur de record et pourrait sans aucun doute s’imposer en France bien que l’avantage est dans le camp Ferrari. Mais cela importe peu, laissons libre cours à l’incertitude et à la beauté de cette ultime course dans la Nièvre…