Certains prédisaient une course tumultueuse entre le duo de Woking agrémentée de rebondissements déconcertants, il faut croire que les prévisions étaient en accord avec la tendance… La procédure de départ est lancée, les feux passent au rouge puis s’éteignent, pendant que les « Flèches d’argent » s’envolent, Kimi Raïkkönen se fait quelque peu chahuter. Auteur d’un mauvais départ, la sanction est immédiate : deux positions de perdues au profit de Nick Heidfeld et de son compatriote Finlandais de Renault, « Iceman » est donc sixième. Premier virage, première catastrophe : Ralf Schumacher sème la panique au milieu du peloton… A peine quelques mètres d’effectués et c’est déjà l’abandon pour David Coulthard, Rubens Barrichello, sans oublier le « fauteur de trouble » !... Le drapeau jaune est déployé, une situation qui va se révéler affligeante pour un certain Takuma Sato… Peu après Giancarlo Fisichella qui était jusqu’à lors septième se retrouve dernier. L’Italien se permet l’extravagance de distraire le public par un optimisme imprudent qui le mène dans le bac à graviers… Sa remontée en sera que plus spectaculaire !...

Au quatorzième passage, Takuma Sato renonce suite à une sortie de piste. Un abandon qui sera accompagné d’une pénalité prenant effet à compter de la prochaine épreuve où il sera, quoi qu’il arrive, rétrogradé de dix places sur la grille de départ. Le Japonais aurait soit-disant dépassé sous drapeau jaune… Takuma Sato a nié les accusations en s’appuyant sur le cas de Jenson Button…Qu’importe la bonne foi ou non du pilote, la sanction nous apparaît exagérée, un simple avertissement aurait été préférable ! Montréal nous avait laissé perplexe quant à ses valeurs de justice, Indy confirme nos doutes ! Les circuits Nord-Américains ne sont pas les seuls à se montrer inaptes à accueillir la Formule1, les officiels sont dans la constante !...

En marge de l’arbitrage aléatoire du Speedway, les pilotes McLaren-Mercedes ont définitivement oublié les règles de politesse et le seul mot d’ordre est l’attaque. Même lors des dépassements des retardataires, la bataille fait rage entre les « Gris » pour le gain de la première place. L’Ovale semble donner des ailes à ce jeune Britannique mais Fernando Alonso se montre de plus en plus pressant. L’Espagnol adore ces situations à la saveur de ses anciens combats avec Michaël Schumacher où il résistait avec talent au « Baron Rouge ». L’excitation le gagnait aux mêmes termes que les imprudences mais ses courses en étaient que plus belles et ses victoires impliquaient le respect de tous !...

Au cinquantième-sixième passage, Nick Heidfeld capitule, sur une défaillance de sa boîte à vitesses, nous privant ainsi d’une éventuelle lutte opposant l’Allemand aux deux Finlandais engagés dans le championnat. La déception est de mise pour le Rhénan et nous le sommes tout autant à l’image de la possible inertie de la course jusqu’à l’arrivée…

Nico Rosberg et la malchance, acte V : Alors solidement accroché à la sixième place, son V8 Toyota le condamne à l’abandon à cinq tours de la fin. Auteur d’une course sensationnelle, sa stratégie combinée à son irréprochable pilotage auraient pu être récompensé par quelques précieux points. Cet arrière-goût de la manche Malaise, où il avait renoncé de la même manière et dans de mêmes circonstances, lui vaudra une grosse colère. Ses nombreux déboires sont tous inhérents à la fébrilité de sa monoplace. C’est pourtant en philosophe qu’il abordera la conférence de presse. Mais cet élan de sagesse semble dicté par un tiers, interne à la direction de l’équipe… Cette comédie ne dupe personne, nous connaissons tous la réputation de Williams et sa gérance des pilotes. Nous nous souviendrons du duo de choc Ralf Schumacher / Juan-Pablo Montoya et du grand prix d’Allemagne 2002. Le Colombien occupait une deuxième place qui semblait promise à l’Allemand. La colère de Ralf Schumacher sur la troisième marche du podium s’était métamorphosée quelques minutes plus tard en une incroyable sérénité lors des échanges avec les médias, comme par enchantement !...

La parenthèse étant faite, nous pouvons évoquer également l’abandon de Vittantonio Liuzzi dans l’avant-dernier tour sur un problème de pression hydraulique. Pour terminer, nous ferons un récapitulatif du classement final avec Lewis Hamilton, Fernando Alonso et Felipe Massa pour le trio de tête. La liste des pilotes dans les points est complétée par Kimi Raïkkönen, Heikki Kovalainen, Jarno Trulli, Mark Webber et le jeune Sebastian Vettel. La remontée de Giancarlo Fisichella en neuvième position est intéressante bien qu’il ait bénéficié des abandons de Nick Heidfeld et de Nico Rosberg. Alexander Wurz est dixième et devance Anthony Davidson, Jenson Button, Scott Speed, Adrian Sutil et Christijan Albers.

Nous noterons avec un brin d’amusement le dépassement d’Anthony Davidson sur Jenson Button au soixante-cinquième tour. L’image de la petite écurie dévorant un géant mondial fut plaisante, Super Aguri ne cesse de nous étonner et Honda de nous décevoir… Entre les deux, notre cœur balance en faveur des plus méritants !...

Lewis Hamilton renforce son avance sur son coéquipier au championnat et McLaren-Mercedes compte 106 points contre 71 pour la Scuderia Ferrari…

Renault semble avoir retrouvé ses forces mais devra encore fournir beaucoup d’efforts pour nous offrir un podium à Magny-Cours dans quinze jours. Pour cela, elle pourra profiter des trois journées d’essais privés à Silverstone pour s’améliorer…

Lewis Hamilton envisagera le retour en Europe en leader incontestable en tout point. Il est le petit prince de la Formule 1 dont l’image sort grandie de ses démonstrations Outre-Atlantiques. Son arrogante domination déstabilise son partenaire qui ne supporte pas d’être réduit au statut de second. En France, l’Espagnol tentera de renouer avec le succès et de récupérer son royaume momentanément abandonné à son disciple !...

Le prochain rendez-vous est bien évidemment le grand prix de France où nous serons nombreux pour saluer une dernière fois notre circuit.