La course n’a peut-être pas répondu dans son intégralité à nos attentes de spectacle mais nous avons assisté à un départ d’anthologie entre les pilotes McLaren-Mercedes. Fernando Alonso conserve sa position grâce à une manœuvre quelque peu autoritaire sur le jeune Lewis Hamilton. L’anglais se voit contrait d’emprunter la voie de dégagement avant de regagner la piste et sa quatrième place. Heikki Kovalainen a également pris un excellent envol et a rythmé cette épreuve dans son ensemble par son talent et son incroyable prestation. Le finlandais a opté pour une stratégie à un seul arrêt. De plus, la monoplace fut sous-vireuse dans les virages rapides dans son premier relais. Cela dit, il résistera aux attaques des pilotes BMW en guerrier Viking même si la lutte s’achèvera sur la réussite bavaroise. Mark Webber profite de cette charge en essence pour le dépasser au deuxième tour et le clan munichois l’imitera plus tard. L’action fut de toute beauté, l’australien s’est montré intraitable. En fin de course, Heikki Kovalainen, installé au huitième rang, défendra avec hargne la récompense des points face à Robert Kubiça. Le polonais est teigneux mais le finlandais aura le dernier mot vengeant ainsi la manœuvre de l’audacieux pilote BMW à Monza sur le pauvre Nico Rosberg. L’allemand semblait ne pas avoir apprécié ce comportement et l’avait manifesté à l’arrivée par un geste de politesse à la signification internationale que ne nous traduirons pas. Restons avec les pilotes germaniques pour saluer la très jolie manche d’Adrian Sutil sur sa modeste Spyker. Il s’accrochera à la douzième position durant la première moitié de course puis terminera finalement quatorzième. N’oublions pas Nico Rosberg qui accède aux points de la sixième place. Bravo à l’Allemagne qui semble avoir trouvé ses champions ! Concernant les abandons, ils sont au nombre de cinq. Giancarlo Fisichella renonce dès le premier tour sur un problème de freins. Sebastian Vettel est trahi par la crémaillère de direction au neuvième passage. David Coulthard, Alexander Wurz et Jenson Button suivront sur manque de fiabilité de leurs montures. Au classement, nous retrouvons Kimi Räikkönen auteur d’un week-end parfait et qui s’empare de la victoire. Felipe Massa et Fernando Alonso complète le podium. Lewis Hamilton est quatrième et devance Nick Heidfeld et les éblouissants Nico Rosberg, Mark Webber et Heikki Kovalainen. Robert Kubiça échoue aux portes des points. Les deux Toyota sont dixième et onzième et c’est une déception du côté de l’italien Jarno Trulli qui perd son avantage des essais qualificatifs. Vittantonio Liuzzi est un brillant douzième, c’est un bon résultat pour Toro Rosso. Rubens Barrichello, Adrian Sutil, les Super Aguri et Sakon Yamamoto terminent ce tableau. A noter le dépassement de Takuma Sato sur Jenson Button au trente et unième tour qui nous laisse en pleine compassion pour Honda dominée par la « petite sœur ». Cela peut faire sourire en Europe mais à Tokyo, les dirigeants pleurent !… Bien joué Super Takuma !

Au championnat du monde, le titre se disputera de manière certaine entre trois hommes et non plus quatre comme ce fut le cas à l’ouverture du week-end. Felipe Massa est évincé pour la course au sacre et devra se satisfaire de celui de Ferrari décroché cet après-midi. La manière n’a rien de spectaculaire mais « la fin justifie les moyens »… Sans commentaire toutefois !… Nous vous donnons rendez-vous dans quinze jours sur le circuit du Fuji Speedway pour une nouvelle lutte de nos champions…