Depuis 2003, la tradition veut que chaque été, nous partions mes parents et moi sur un circuit pour suivre une manche de la saison de F1. La première année fut idyllique, Ralf Schumacher signa la pôle position puis la concrétisa par une victoire. Je me souviens exactement de ce que j'ai ressenti le samedi lorsque je me suis assise dans la tribune. J'étais très émue, je n'avais plus 16 ans mais 5 ans, c'était magique !... Il y avait du vent et lorsque la première voiture s'est élancée, mon souffle s'est coupé... La révélation pour moi : ma vie serait dans ce milieu par l'intermédiaire du journalisme. Mark Webber sur la Jaguar fut le premier à entrer en piste, je ne l'oublierai jamais ! Ce souvenir est inscrit pour toujours dans ma mémoire, cette passion me procure des sensations indescriptibles et très intenses. Entre excitation, nervosité et plaisir, je reste éblouie par l'image des belles et par leur bruit strident... Fabuleux, tout simplement !...

Jeudi 13 juillet 2006 :

Le complexe sportif du village s'est vu transformé en camping afin d'accueillir les supporters venus en nombre assiter au centenaire du grand prix de France. Pendant quelques heures, leur petit stade aura pris des airs de l'Arena Stadium de Munich en recevant cette drôle d'équipe originaire d'Italie du nord. En effet, à la surprise générale, la Scuderia Ferrari s'estt improvisée une partie de football sur ce modeste terrain. Elle était composée de ses mécaniciens,de ses ingénieurs ainsi que du "Baron Rouge" et de son fidèle lieutenant. Michaël Schumacher et Felipe Massa ont échangé, le temps d'une heure ou deux, leurs combinaisons pour chausser les crampons de football. Dans une ambiance bon enfant, les Tifosis nous ont offert un remake de la finale de la coupe du monde remportée par la Squadra Azurra. Notons la présence d'un arbitre pour le moins inconnu des terrains étant plus habitué à décoder des données télémétriques. Ainsi, le stratège des "Diables Rouges" s'est pris au rôle de chef d'orchestre. Le Robert Wurz de la soirée a vu la victoire de l'équipe menée par le "Kaïser".

Autre surprise de ce début de week-end l'absence du "kid de Bogota", Juan-Pablo Montoya, qui a été remercié par le team de Woking. Mercredi, l'écurie a annoncé son remplacement par Pedro de la Rosa. Un talent fou mais accompagné d'une fougue incontrôlable qui semble avoir déplu à Ron Denis... La F1 s'est débarassée de l'indomptable colombien, une chose qui ne déplaira certainement pas à Ralf Schumacher en vue de leur "légendaire" complicité !... Le prochain challenge de Juan-Pablo Montoya sera de s'intégrer parmi les "déjantés" de la Nascar. Son caractère sanguinà l'extrême devrait lui faciliter la tâche, bonne chance Monty !...

Vendredi 14 juillet :

Il est 9h20, l'excitation commence à envahir la file menant au circuit. Une véritable marée humaine arborant fièrement les couleurs de Renault ou celles des Rouges de Maranello s'étend à perte de vue. Elle s'agite à quelques minutes du début des festivités. Les passionnés sont au rendez-vous et s'aprêtent à rejoindre les tribunes.

Sous une chaleur inhabituelle pour le plateau nivernais, les fauves rugissent dans les box, témoignage de leur impatience. Enfin, 9h30 et les officiels lâchent les enragés dans l'arène. C'est parti pour 30 minutes d'essais libres au rythme des V8 animant le GP2 Series. 10h précise et le célèbre drapeau à damier vient calmer l'ardeur de la classe biberon délivrant ainsi le premier classement de la journée. L'écossais Adam Carroll s'est montré le plus prompt devant le N°18 Hiroki Yashimoto et Nelson Piquet Jr.

L'apparition des reines de la discipline sera sous le signe du soleil et des troisièmes pilotes, les rois de la F1 ne sortiront pas de la matinée ou seulement pour un tour d'honneur. Ainsi, Robert Kubiça est crédité du meilleur temps de la séance en 1'16''794. Devant ce tourniquet inerte, les écuries nippones assurent le spectacle par leurs innombrables sorties de piste. Jarno Trulli, Takuma Sato, Anthony Davidson ou encore Sakon Yamamoto s'adonnent à ces figures libres pour mouvementer un peu des essais dépourvus d'intérêts.

Peu de changement l'après-midi, Robert Kubiça reste au sommet du classement devant le matador d'Oviedo. Rubens Barrichello écourte sa séance par une impressionnante sortie de piste. A quelques minutes de la fin, le "finlandais volant" d'Epoo est contraint à l'abandon.

En GP2 Series, les surprises ne manquent pas. L'incroyable prestation du pilote argentin de Super Nova International, Juan Maria Lopez,décrochant la pôle position en témoigne.

Samedi 15 juillet :

Aucune animation notable lors de la dernière séance d'essais libres si ce n'est l'abandon de Takuma Sato provoqué par un V8 Honda fragilisé par la chaleur nivernaise. Jacques Villeneuve se classe en tête en 1'17''005, il est suivi de son coéquipier Nick Heidfeld.

37°C dans l'air et 50°C sur la piste, voici les paramètres à concilier avec les stratégies pour entamer la séance de qualification. Il est 14h, la "Q1" peut enfin débuter sous le soleil de Magny-Cours. La déception de ces 15 premières minutes viendra de l'élimination du pilote britannique Jenson Button ou encore de celui qui avait réalisé le meilleur temps de la matinée : Jacques Villeneuve. Le deuxième tiers-temps sort l'expérimenté Mark Webber ainsi que Rubens Barrichello et Nick Heidfeld. La durée de la "Q3" dite "super-pôle" a été révisée, passant de 20 à 15 minutes, pour égaliser les trois parties de la séance d'essais qualificatifs. Mais le principe reste inchangé, les dix rescapés des étapes précédentes peuvent toujours tester plusieurs trains de pneumatiques afin d'effectuer le tour le plus rapide possible et ainsi décrocher la pôle position. A ce jeu, c'est "l'ogre de Kerpen" qui s'avère le plus fort en accrochant la 68ème pôle de sa carrière. La première ligne sera de rouge vêtue puisque Felipe Massa complète la série. Face à la suprématie des Bridgestones et de Ferrari, le conquistador des bleus et jaunes ne peut espérer mieux que troisième. Il s'élancera aux côtés de son ancien coéquipier italien de Pescara. Les Toyota sont en forme, ce qui permet à Ralf Schumacher d'hisser sa monoplace en cinquième position juste devant Kimi Räikkönen. La quatrième ligne sera composée des numéros deux de Renault et de McLaren-Mercedes. Nico Rosberg et le vétéran écossais de la "boisson énergisante" ferment la marche de cette "Q3". La très belle performance de l'allemand de chez Williams s'achève sur une rétrogradation de dix places sur la grille de départ pour une fragilité de son V8 Cosworth. La chaleur nivernaise aura anéantie pas moins de trois moteurs : ceux de Takuma Sato, Vittantonio Liuzzi et Nico Rosberg. Dommage pour le benjamin du plateau qui semblait en mesure d'engranger de précieux points demain en course ! A ce sujet l'an passé, il s'imposait, ici, lors de la seconde course de GP2, tournant de la saison qui allait basculer en sa faveur et vers son sacre. Les saisons passent et ne se ressemblent pas !... Pauvre Nico, bienvenue dans la cour des Grands ! Demain, il s'élancera donc dix-neuvième.

Une heure plus tard, nous sommes de retour avec le GP2 Series. Les 16h approchent et la première course va débuter. Après un tour de formation ( presque ) sans encombre, les bolides se replacent sur la grille de départ. Les feux passent au rouge puis s'éteignent, la course démarre. La bagarre a commencé, Nelson Piquet Jr est victime de la fougue incontrôlée des jeunes loups passant de la 5ème à la 8ème place. Ainsi s'engage sa folle remontée vers le podium. Mais, le petit brésilien devra affronter un Alexandre Prémat surexcité par son son grand prix national et le pôleman redescendu dans le classement. 17h15, le drapeau à damier vient mettre un terme au calvaire enduré par ce pauvre Nelsinho qui finit péniblement à la quatrième place. ART GP monte sur la deuxième marche du podium grâce à son n°1 tandis que le leader du championnat, Lewis Hamilton, termine seulement huitième. Les trois hommes qui goûteront au prestigieux champagne de Reims sont :

1- Timo Glock

2- Alexandre Prémat

3- Jose Maria Lopez

Dimanche 16 juillet :

Il est 10h, la seconde course de GP2 Series commence. Les huit premiers de l'épreuve précédente s'élancent dans l'ordre inverse. Le point fort de cette "classe biberon", c'est le spectacle offert par l'impétuosité de ses acteurs à travers leurs dépassements quelques peu hasardeux. Alexandre Prémat part le "couteau entre les dents" après une bousculade au premier virage qui l'envoie en dix-septième position. En seulement 45 minutes de course, le pilote français, affamé, aura avalé pas moins de quatorze monoplaces pour se hisser sur le podium. Nelsinho complète le trio de tête avec la deuxième marche, le leader étant Giorgio Pantano. Lewis Hamilton est sixième et se fera un plaisir d'oublier ce week-end catastrophique ! La victoire fut italienne comme un certain 9 juillet 2006 mais les deux podiums obtenus par Alex Prémat nous consolerons.

1- Giorgio Pantano

2- Nelson Piquet Jr

3- Alexandre Prémat

12h : Deux chanceux ont pu se glisser dans une Ferrari F430 durant deux tours de circuit orchestrés par les Maîtres de Maranello : "Schumi" et Felipe Massa. Pour ces deux heureux, Noël était exceptionnellement au mois de juillet.

12h30 : Les magiciens du volant font leur apparition pour la fameuse parade. Les klaxons retentissent dans les tribunes, les supporters se lèvent pour acclamer leurs héros si proches et si lointains à la fois. Quelques minutes pour admirer l'inaccessibilité puis le rêve se termine, les pilotes regagnent leurs motorhomes et ne reviendront plus que casqués dans environ une heure. Le départ approche, les tribunes se remplissent de plus en plus, les drapeaux Renault et Ferrari flottent encerclant le circuit. Les appareils photos sont prêts à s'enclencher dès l'apparition de ces fusées terrestres.

Au final, Michaël Schumacher s'imposera pour la huitième fois de sa carrière à Magny-Cours. Une stratégie osée à quatre arrêts et c'est un podium rouge sur la première et dernière marches et avec un Fernando Alonso installé sur la deuxième. Un joli grand prix qui voit Ralf Schumacher se classait quatrième juste devant "Iceman".

L'Italie remporte une nouvelle fois son duel sur la France, la leçon est sans appel. Nous ne pouvons que saluer le Maestro !...